Executive coaching, ou quand Melania Trump cherche le coach du président des États-Unis
- Ludovic Herman
- il y a 6 jours
- 4 min de lecture

@Credit Photo de History in HD sur Unsplash
En amour comme en affaire, il existe des situations délicates. Trouver le coach qui accompagnera la prise de poste d’un président n’est jamais simple. Trouver celui qui libèrera tout le potentiel de Donald Trump l’est encore moins. Voilà ce qui préoccupait surement Melania Trump, First lady pour la 2de fois, celle qui aime jouer le rôle de HR business partner de son mari président.
Rappelons que son grand blond de mari, hier apprentice aux chaussures noires, est redevenu Président pour la dernière fois de sa vie, avec l'ultime chance de marquer positivement l’histoire.
C’est ainsi qu’elle a surement tenté de convaincre Donald de se faire coacher. Ce ne serait pas une mince affaire « not a piece of cake » pense cette amatrice de pâtisserie française. Elle lui a surement dit : « Donald, tous les gagnants ont provoqué leur chance, alors tente la tienne ». Appâté par le gain, tel l’oncle Picsou, il aura été tenté de répondre positivement et, bien que fan de Disney, Donald a peut être tenté de dominer son impulsivité. Peut être lui a t il dit « Ce que je déteste le plus tu sais Melina, c’est qu’on me prenne pour un Mickey » je préfère être craint, qu’ignoré ! J’ai peur qu’un psy me transforme en « softie ».
Femme ecrivaine et déterminée, Melina, pour convaincre un coach un brin téméraire de s’engager dans l’aventure, était prête à faire miroiter au coach le ROI colossal d’un tel coaching. Elle était consciente du risque d’échec abyssal, avec des conséquences fatales alors il lui fallait trouver la perle rare : un coach avec assez d’empathie et d’audace pour se connecter et se confronter à son mari.
Audacieuse, elle souhaitait que Donald, son géant au pied d’argile, vise plus haut que le scénario qu’il répétait encore et encore depuis les années 80, les années golden-boys. Elle rêvait qu’il surmonte ses peurs qui le réveillent la nuit et l’inondent de sueur. Depuis qu’elle s’était initiée au yoga, elle souhaitait que son "mec à elle", réussisse son karma.
Elle avait un temps imaginé qu’Elon Musk, à une époque le bestie de son mari, puisse le coacher, mais cet immigrant sud-africain n’avait rien retenu de Nelson Mandela ! Non ce n’est pas Elon qui permettrait d’améliorer la legacy de son mari, la trace qu’il laisserait à la postérité.
La cérémonie d’intronisation en forme de coronation, l’avait décidé de passer à l’action, fan d’Intelligence artificielle, elle avait prompté déjà en 2025 « N° de telephone d’un coach capable de coacher humainement mon mari pour que l’humanité s’améliore grâce à lui plutôt que sans lui » l’ IA avait toussé, puis avait affiché le numéro de l’Entreprise Sentimentale à Paris, France, peut être par hallucination ou par intuition
C’est ainsi qu'un jour je décrochai à un numéro inconnu enregistré aux États-Unis.
— Monsieur Herman, de l’Entreprise Sentimentale ? C’est pour un coaching de dirigeant important pour l’humanité. Je vous préviens pour satisfaire la compliance, cet appel est enregistré, mais pour des raisons de confidentialité vous ne pourrez jamais y faire référence, êtes-vous OK ? N’étant pas à une contradiction prête, j’accédai à sa demande, appâté par la référence à l’humanité qui rime avec sentimentalité.
Attention, c’est now or never, je cherche un coach disruptif, humain, mais pas bénin. L’IA vous a trouvé. Renonçant à comprendre quel algorithme je devais remercier, je la remerciai et l’écoutai. « Vous êtes, madame … ? »
— Mme Trump, comme la tour du même nom à NYC
Pensant à une plaisanterie, je me mis en écoute active (qui consiste à ne rien dire chez les coachs) et acquiesçai au bout du fil en souriant, car, paraît-il, cela s’entend,
— Nous recherchons le coach qui permettra au Président de libérer tout son potentiel,
— Bien sûr, voulez-vous que je me présente, par exemple en parlant des choix qui font que je suis moi ?
— Pas besoin, Elon, un proche, a déjà analysé votre vie : tout ce que vous avez écrit, liké, ignoré a été traité, on en sait plus sur vous que vous-même ! Ce qui nous a décidé, c’est qu’il y a trente ans vous avez aimé une femme du mid-west, puis pris en photo les arbres de la Trump Tower et écouté sur un walkman YMCA ! Bravo ! Il vous reste un test que nous transmettrons au président, l’analyse confrontante d’un coach sur son discours du 15 janvier 2025. S’il vous plait, soyez direct, le président aime qu’on n’y aille pas par quatre chemins !
— Bien sur, ne sachant toujours pas si c'était du lard ou du cochon je me lançais : ce n’est qu’une perception, mais son discours semble laisser penser que sa personnalité est marquée par un narcissisme important, une tendance à la projection et à l'identification à l'agresseur, un besoin de puissance, une idéalisation du passé dans un monde binaire et manichéen.
— Merci c’est assez confrontant pour le Président, pouvez-vous tout de même développer, il aime travailler ses « conversations cruciales », il a besoin de comprendre ce qui vous fait dire cela.
— Son discours était imprégné d'une emphase sur l'exceptionnalisme américain, il se présente comme un sauveur envoyé par Dieu pour rendre sa grandeur à l'Amérique et utilise un langage hyperbolique. Les propres faiblesses ou les aspects négatifs sont attribués à l'extérieur. Il se présente comme victime pour se faire valoir comme persécuté injustement. L'objectif de rendre l'Amérique riche et puissante sert une vision de puissance et de domination qui compense un sentiment d'impuissance. Son discours est marqué par un désir de retour à un passé idéalisé, une époque de grandeur. Cela suggère une nostalgie pour un âge d'or, plus stable, et plus prospère, en opposition au présent jugé comme chaotique et décadent. Enfin le Président emploie un langage qui sépare le bien du mal, les amis des ennemis. Sa rhétorique est polarisante, avec une opposition entre "nous" (les bons Américains) et "eux" (les corrompus, les ennemis, les étrangers). L'utilisation de termes absolus comme « total » et « complètement » intensifie le caractère manichéen du discours.
La grande bonne nouvelle de son discours c’est sa bonne intention, il met en avant qu'il veut être un artisan de la paix et de l'unité. Comme disait ma grand-mère « tant qu’il y a de l’espoir, il y a de la vie ! » Alors, allons-y.
Bizarrement l'appel ne s'est pas répété
Sentimentalement vôtre




Commentaires