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Revers de fortune pour Goldman Sachs, ou pourquoi son CEO mixe des tubes sentimentaux

Dernière mise à jour : 2 mai


Crédit Pablo Heimplatz sur unsplash


On dit souvent que la capacité de discernement est ce qui distingue un excellent d’un bon dirigeant. Car quand survient un revers de fortune, faire les bons choix, au bon moment, requiert cette qualité.


C’est surement pour cela que David Salomon fut choisi en 2018 comme CEO. Le board fut sensible à ce nom de roi, à son allure de lutteur grec, à son légendaire flair ainsi qu'à son goût pour mixer des tubes sentimentaux. Séduit par son originalité, plus que par son pedigree, il confia à ce lateral (un recrutement externe), plutôt qu’à un homme du sérail, les clefs de sa destinée. Ce n’était pas gagné, car Goldman Sachs n’est pas une entreprise financière lambda, mais plutôt un repère de mâles et femelles alpha.


Comme dans une histoire sentimentale, au début tout se passa pour le mieux et le marché valorisa ce pari audacieux. En 4 ans le cours de l’action augmenta de 50% dans une période riche en fluctuations. Cette institution financière à but très lucratif a toujours traversé avec succès les crises financières qui se sont succédé. Chaque fois, telle une alchimiste, elle transforme des menaces de pertes abyssales en opportunités d’un gain colossal. Tel un Phénix, elle transmute des adversités en mega-bonus pour ses salariés. Elle ne connaît pas de frontières et est si puissante qu’une réunion de ses alumni fait pâlir d’envie les illuminati.


Mais quand des revers de fortune frappent depuis un an ce monument à la gloire de l’argent, le cours de l’action vacille et fait moins bien que l’indice auquel il se réfère. On blâme la diversification manquée sur le marché des particuliers ou même l’indemnisation d’un groupe d’ex-femmes de Goldman Sachs, pour clore l'accusation de discriminations. Et si cela ne suffisait pas, un ex-responsable du recrutement de la Firme basé à Londres, demande 1 millions de livres sous prétexte que l’entreprise l’aurait méprisé, épuisé…


Pour être honnête, cette brève devrait fait sourire au siège, étant donné la réputation de la banque depuis plusieurs années. 1 million c’est plus proche de l’euro symbolique que des pénalités auxquelles elle est habituée. Quant à l’accusation d’une culture abusive, épuisante et insultante, elle est jugée surprenante. En effet, dans la firme, on explique que l’in-humanisme au bureau est en fait du darwinisme ! Une great place to work épuisante, éprouvante pour sélectionner le plus résistants. On rappelle poliment que ces humiliations et nocturnes à répétition donnent lieu à de grosses … compensations. Et on ajoute, les yeux cernés mais pas fermés, que personne n’est obligé de postuler, ni de rester !


Il n’empêche que des médisants se font menaçants. Certainement envieux, des journalistes accusent de tous les maux le CEO et l’affublent même de (gros) mots d’oiseaux. David connu pour être persécuteur se sent presque victime et le dit à la TV. Lassé par ce monde sans pitié, il intensifie sa 2ème carrière de DJ en jet privé et en profite pour le faire pro bono, une façon de dire que l’argent chez Goldman Sachs ne fait pas le bonheur.


Mais un presque rien ou un je ne sais quoi le fait douter dans son discernement. Alors, en plein concert au Bahamas, devant une foule déchaînée de milléniums extasiés il lance, comme le fit en son temps le roi Salomon, un appel au tout puissant. Deux dieux au lieu d’un lui répondent : le Dieu argent et celui des artistes.


Le premier déclare :

"David, toi qui soumets ou démets depuis que tu es né, continue. Toi qui as toujours démarré fort, accélère. Ne te laisse pas attendrir par les sirènes des foules sentimentales, elles ne sont que des chimères. Goldman Sachs ne doit surtout pas devenir une entreprise sentimentale comme le sous-tend ce satané Ludovic Herman. Réussir c’est augmenter ses avoirs : l’argent est le seul étalon OR de la réussite, l’aimer c’est tout lui donner. Alors arrête de mixer, essore tes salariés, tue les coûts et purge la firme des moins vénaux d’entre vous et continue à ne voyager qu’en jet privé."

David touché mais surpris par ce conseil peu compatible avec la RSE demande « même si cela accélère la crise climatique ? »

« Justement, notre peuple de financiers aime les crises, ce n’est pas l’effondrement climatique qui nous tuera, il nous rendra que plus forts. Le problème … c’est qu’il n’arrive pas assez vite ! Alors David donne l’exemple : crame du CO2 tant que tu peux, continue d’interdire le télétravail et encourage les grosses cylindrées. "


David intéressé mais circonspect, lance mon mix préféré : Nothing I won’t do. C’est là que le Dieu des artistes intervient.


« David, c’est peut-être un détail pour toi que tu mixes du sentimental, mais pour moi cela veut dire beaucoup. Cela veut dire que tu es libre d’aimer. Sur scène, c’est être toi qui fait de toi un roi. Tu es aimé pour ce que tu transmets, pas par intérêt. Alors pour choisir, réfléchi à ta legacy, à la trace que tu laisseras et pour inspirer tes salariés invite-les à danser avec Whitney, cela les changera. Trouve la passion d’advenir de Goldman Sachs et comme feu le roi Salomon juge avec ton cœur plutôt qu’avec un ordinateur. »


Sentimentalement vôtre.

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