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Télétravail ou quand Amazon se révèle jalouse


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Andy Jassy, CEO d’Amazon a stupéfait avec sa lettre de 1 413 mots à ses salariés pour leur intimer, en conclusion, de revenir au bureau. Ce CEO quinqua, pourfendeur de bureaucratie, y exige que le 1er janvier marque le 1er jour d’une nouvelle ère sans TT. Un Nouvel An, pour célébrer le retour au comme avant.   


Rappelons qu’Andy n’est pas n’importe qui, c’est lui que Jeff Bezos a adoubé pour lui succéder.  Et ce n’est pas évident d’avoir pour père professionnel le fondateur d’Amazon toujours actionnaire. Surtout qu’à la retraite Jeff, à la recherche du point d’Archimède, est devenu spirituel dans son expédition dans le ciel. Il déclara au retour de son voyage touristique dans l'espace : « mes attentes ont été surpassées et de loin, la chose la plus profonde c'était d'observer la terre de haut ». Il avait été abasourdi par la beauté et la fragilité de la terre. Comme moi ! Me dis-je, qui ne suis pourtant jamais monté dans une fusée. 


C’était tout de même surprenant ce revirement sur le TT d’une entreprise trentenaire si fière de son « impact » qu’elle en fait la pub sur les réseaux sociaux. Elle qui s’alimente à 90% d’énergies renouvelables, qui adéjà 24 000 véhicules électriques et qui ambitionne d’en avoir 100 000, et qui dit retour illico au bureau ! Mazette, pour être honnête, on ne comprenait pas ce choix passéiste d’une entreprise en avance sur son temps. Cette entreprise nommée en l’honneur des guerrières qui me faisaient fantasmer adolescent était en une nuit, devenue un vieux boomer adepte du « c’était mieux avant ».


J’avoue que le choc était d’autant plus sévère qu’Amazon était mon rêve d’enfant devenu réalité une fois devenu grand : la plus grande librairie du monde en 1 click ! Ma bibliothèque d’Alexandrie sur mon mobile !Alors quand cette entreprise avenante et prévenante pour notre humanité siffla la fin du progrès apporté par le TT, j’en suis resté atterré, désarçonné, questionné, ce à quelques jours des Prime Day !


N’y tenant plus j’appelai Aurore, mon amie prodigieuse (en vente sur Amazon), fan comme moi des lectures d’Harmut Rosa et de Jean Baudrillard (en vente aussi sur Amazon). À peine retrouvée, en me perdant dans ses yeux, reflet de son âme, qui me font chaque fois chavirer, je lui demande…


  • Aurore, pourquoi ce retour à l’avant qui ressemble à un retour arrière. Pourquoi cette si jeune entreprise préfère les open-space inventés par nos parents qui isolent plutôt qu’ils ne rassemblent. Pourquoi cette envie de temps perdus dans les embouteillages et les commuters trains ?


  • Ludo, c’est amusant que cette interrogation vienne de toi, qui aimes tant travailler à ton bureau. Célèbre donc ce retour en grâce des « great place to work » IRL !


  • Mais parce que pour nous c’est un choix, pas une intimation ! On aime la liberté de travailler parfois au bureau, loin de chez soi et parfois chez soi. Je ne comprends pas ce choix de ne plus laisser le choix. Maisquelle mouche a piqué Andy Jassy ?


  • Je ne vois qu’une explication, la belle Amazon de 30 ans a été piquée de jalousie. Elle a décidé sous l‘émotion de sauver ainsi son couple employeur-employés. De crainte que ces derniers ne soient volages, elle leur intime de revenir au bercail, tout le temps.  As-tu déjà ressenti de la jalousie ?


  • Oui, avouais-je, mi-surpris, mi-inquiet du tournant sentimental que prenait cette discussion professionnelle


  • Alors tu comprends qu’elle doit les soupçonner de ne plus penser à elle, alors qu’elle les paye ! Peut-être que comble de la trahison, ils regardent Netflix plutôt que Prime pendant leurs heures travaillées ! Peut-être qu’ils profitent de leurs salaires Amazon pour acheter chez Shein en milieu de journée ! Tu n’imagines pas le choc de la découverte de la trahison pour une ex-startup trentenaire. Elle découvre que certains et certaines ne l’aiment que pour l’argent : des mercenaires, des prédateurs de stock-options. En tout cas, il a dû se passer quelque chose pour qu’Amazon veuille diriger rênes courtes ses salariés. Toi le coach, que proposes-tu pour restaurer la relation de confiance empoisonnée par ces soupçons d’infidélité ?


  • Mazette, Aurore, j’avoue (pour qu’on nous pardonne à moitié), qu’on s’inspire de « Je t’aime, je te trompe » d’Ester Perel (en vente sur Amazon). Quand nous coachons des managers inquiets de leurs salariés « volages » on analyse les fondements de leur relation, cette crise c’est l’occasion de remettre à plat ce qui est ok, et ce qui ne l’est pas, recaler le deal implicitement passé. On travaille les preuves de confiance, les tolérances.  On comprend les points de vue, celui des employeurs et des salariés. 


  • Et ça passe, ou ça casse, la fin du TT ?


  • Cela dépend, car ce n’est pas coton d’expliquer, à l’ombre des majorités silencieuses (disponible sur Amazon) de travailleurs qui travaillent plus en TT qu’en présence, que le supprimer c’est un bienfait. Quand on a vu dans cette flexibilité une preuve de confiance difficile d’expliquer que le supprimer c’est pour mieux coopérer. 


Sentimentalement vôtre,

 
 
 

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